Association Terres de Liens : accéder à des terres agricoles !

Portrait de Tanguy Martin de Terres de Liens, sur l'accès au foncier agricole

Association Terres de Liens : accéder à des terres agricoles !

Accéder à des terres agricoles, difficile de nos jours

Accéder à des terres agricoles, c’est un vrai parcours du combattant quand on n’est pas héritier d’une ferme familiale. Les prix des terrains sont quasiment inabordables, les maisons secondaires continuent de pousser à la place des terrains cultivables.

Face à cette problématique, l’association Terres de Liens s’est créée, et apporte des solutions pour aider les jeunes agriculteurs.

 

L’interview de Tanguy, de Terres de Liens Pays de la Loire

Nous retrouvons Tanguy, sac sur le dos  et lunettes vissées sur le nez.

Il nous rend l’immense service de venir dans le patio de l’hôtel que nous avons pris exceptionnellement pour l’occasion (rappelez-vous nous convrions le Nantes Food Forum).

Installation. Le téléphone enregistre, les stylos crissent et nous nous lançons :

 

 

Salut Tanguy, est-ce que tu pourrais nous présenter Terres de Liens pour les Ethicuriens et les Ethicuriennes qui nous lisent ?

Terres de Liens, c’est avant tout un mouvement citoyen qui s’intéresse à la préservation du foncier agricole.

L’association date de 2003 mais les prémices commençaient déjà à pointer leurs nez courant 90. En effet, la question foncière est très liée à la notion de propriété privée, à laquelle nous accordons beaucoup d’importance en France.

 

Nous travaillons en fait sur 3 axes :

  • L’éducation populaire
  • L’acquisition foncière
  • L’accompagnement de projets de territoire

 

Notre charte est en corrélation avec les enjeux environnementaux, c’est pourquoi nous n’installons que de futurs exploitants en Bio.

 

 

L’installation pour les nouveaux exploitants reste compliquée pour deux raisons principales :

  • L’information sur le fait qu’une terre est à vendre est difficile à trouver quand on n’est pas dans le réseau, donc particulièrement pour les néo-ruraux.
  • Il est également compliqué de s’installer pour des raisons financières.
    La foncière Terres de Liens, créée en 2007, permet une acquisition collective.
    N’importe qui peut « prendre des actions » dans cette société, permettre l’acquisition collective pour louer, par la suite, aux exploitants agricoles.
    On parle ici d’investissement solidaire où les actions ne permettront pas à leur acquéreur d’être rémunéré en dividendes, le citoyen participe simplement à la réinstallation d’exploitants dans les campagnes.

 

Accéder à des terres agricoles est donc compliqué pour un jeune agriculteur qui démarre dans le métier.

 

Et aujourd’hui on parle de combien de personnes qui gravitent autour de Terres de Liens ?

La foncière, nous permet d’ouvrir des associations dans toutes les régions de France (sauf Corse et Dom-Tom).

Associations qui se rapprochent des cédants de terres, montent et étudient des projets d’acquisition.

C’est aujourd’hui 60 salariés qui travaillent pour Terres de Liens, et on compte en tout entre 10.000 et 12.000 personnes (actionnaires, adhérents, bénévoles…).

 

 

 

 

Tu aurais un projet sur lequel tu travailles en ce moment qui pourrait nous montrer l’action de Terre de Liens concrètement ?

Hum…

En ce moment par exemple, je travaille sur un projet qui nous tient vraiment à cœur ici en région Aquitaine.

C’est sur l’île d’Yeu que ça se passe !

L’île d’Yeu, c’est 80 ha dont 80% en friche et une 10aine de paysans dessus.

Le prix du foncier y est vraiment très élevé, et la commune voudrait redévelopper la notion de paysannerie et être plus indépendante au niveau alimentaire (plus de produits locaux etc…).

Pour le moment nous tentons de convaincre les propriétaires locaux et faisons preuve de pédagogie à leur encontre afin qu’ils acceptent l’installation de terres cultivables auprès d’eux (on parle ici de la problématique des maisons secondaires et de certains propriétaires qui ne souhaitent pas voir s’installer des cultures par peur que l’on dénature le paysage NDLR). Laisser des jeunes agricultures accéder à des terres agricoles, ce n’est donc pas leur priorité. En tout cas tant qu’ils n’ont pas conscience de l’enjeu lié à cette problématique.

 

 

 

Quel est l’enjeu de tout ça ?   

Nous recensons aujourd’hui quelques 15.000 personnes qui sont inscrites pour « devenir agriculteur », et qui se heurtent à des difficultés pour accéder au foncier, à des bâtiments leur permettant de démarrer leur activité.

L’enjeu dans tout ça c’est vraiment le renouvellement des générations dans les campagnes, des paysans qui nous nourrissent.

Aujourd’hui les diverses politiques misent en place ne répondent pas à cette attente, là où nos actions de terrain permettent de solutionner une partie du problème.

 

Voir et revoir les portraits

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